RDV avec Logan et Grain d'Kaf...
le lundi 30 août, une après-midi à Châtelet Les Halles....
Intro :
Pour éviter les questions de bases répétitives qui saoulent souvent les artistes, posons la
base ! Octobre Rouge, ça démarre en 1997 et c'est surtout Logan, Grain d'Kaf' et Voodoo (
Section Fu), autour de qui on trouve aussi Dj Manifest aux platines et sur quelques prods..
Leur blaze Octobre Rouge fait clin d'œil on va dire à la technique du sous-marin. Leur vision
se veut périscopique pour passer le quotidien en revue ; et le tout se fait dans la discrétion!
A leur passif, c'est déjà quatre maxis "(" 1918 ", " En V.O " " Week-end à Meda " et "
Violences ") ; et un album sorti en octobre 2002 (" 24 sur 7 "). Aujourd'hui c'est l'arrivée
du deuxième album " Là où ça fait mal " ; et on va donc leur faire une p'tite interview assez
ouverte…
1/ Xphases : J'ai oublié des trucs pour vous présenter davantage ? Ouais vous êtes d'où ?
Grain d'kaf : Paris, on va dire " Est de paris ". Pour résumer c'est de là que vient
Octobre Rouge. Octobre Rouge au début c'était quatre membres. C'était Dj Shino, Voodoo Logan
et Grain d'kaf'. Grain d'Kaf' et Shino, c'est 19ème ; et Logan et Voodoo c'est le 18ème. Donc
on va dire face Est. Ensuite Shino a quitté le groupe malheureusement et a été remplacé par Dj
Manifest, qui lui habite en lointaine banlieue. Mais pour résumer Octobre Rouge c'est vraiment
parisien…
Logan : Axe Nord / Nord-est quoi !…
2/ X : Déjà sur V.O ou " Bénévoles ", on sentait déjà bien votre position dans l'délire
des débats des vrais et des faux… Vous semblez toujours conscients de votre place dans le
monde " dit du rap ", et vous le rappelez en partie aujourd'hui avec " Uniformatage "…
Aujourd'hui, vous êtes toujours aussi underground qu'hier, ou bien vous tentez d'élargir un
peu plus votre audience au-delà des sous-sol?..
GK : On essaie. ? On est underground un p'tit peu par la foie, parce que c'est là où
on est né. C'est là où le groupe est né... On s'est fait tous seuls. On a commencé à faire
notre label tout seul, on a commencé à faire notre réseau tout seul, sans attendre une
quelconque signature. Maintenant c'est clair que ça ne nous empêche pas de vouloir faire
grandir au maximum notre audience tu vois. De parler au maximum à plus de gens possible. Parce
que c'est vrai qu'après le problème du hip-hop underground, c'est que souvent c'est lié à un
public underground aussi tu vois ; alors que normalement c'est du hip-hop underground par
définition, mais c'est destiné à tout le monde. Le problème avec l'underground c'est que ça
passe par certains réseaux et qu'à la fin, ça arrive à un public underground ! Nous on n'a
jamais craché dessus au contraire, mais aujourd'hui on essaie d'aller un peu plus haut tu
vois, de conserver ce public qui a kiffé Octobre Rouge ; et d'aller un peu plus loin. En fait,
on fait de la musique et la musique c'est fait pour tout le monde !…
L : Quand tu regardes même dans le premier album, on a fait trois clips, dont
" Week-end à Meda ", qui est passé sur le net tout ça… C'est pour un public plus qualifié,
dans le délire underground justement ! Après y'a eu " Vas-y colle ", qu'était plus hip-hop,
et on a aussi fait " L'indifférence ", qui s'adressait autant à la ménagère de 50 ans, qu'aux
jeunes de 15 ans tu vois ? Donc on n'a jamais eu ce dégoût du grand public ou quoique ce soit...
Nous on fait de la musique comme disait Grain ; donc c'est pour tout le monde !…
GK : J'pense qu'aujourd'hui après deux mix-tapes, quatre maxi, une centaine de
compilations ou de projets, etc.. ; bah on était prêt pour franchir le pas pour ce deuxième
album.
L : C'est d'ailleurs pour ça qu'entre temps, pendant ces deux ans entre les deux
albums, y'a eu deux mix-tapes qui étaient justement plus axées surtout pour l'underground.
Maintenant au niveau de l'album, nous on trouve qu'il est pour tout le monde, même si ça parle
de truc de la vie ou de la rue…
3/ X : Vous qui avez un certain parcours qui n'est pas celui du débutant, vous pensez
quoi en gros de l'état du marché du rap ? Dans son sens le plus large ; et ensuite par rapport
à votre propre expérience de vente surtout. Vous sentez des changements particuliers ou pas du
tout ? En gros c'est vrai qu'c'est toujours niqué en indé, ou alors c'est des rumeurs et y'a
toujours moyen d'moyenner comme on dit ?
GK : Alors dans l'état large du rap français, j'trouve que ça se porte bien, parce que
je lis comme tout le monde. Dans la musique des fois, je feuillette musique Infos, et il se
trouve qu'une fois sur deux je vois un album de rap en première place. Donc à partir de là,
j'trouve que l'état du rap en général se porte bien. Maintenant au niveau underground,
j'dirais pas que c'est niqué, mais c'est qu'on en revient au fait que le problème français
divise le rap. Il divise le rap des maisons de disques et le rap underground. A tous niveaux,
que ce soit dans la distribution, où tu vas avoir un gros qui va avoir la moitié du rayon, et
le gars de l'underground ne va avoir que cinq disques dans le rayon… Et au niveau de la
promotion et au niveau du public. Et on se rend compte qu'il y a un certain public qui dit,
" ouais non c'est rap underground ", tout d'suite il se fait des idées sur ce qu'est le rap
underground. Alors que le rap de maisons de disque et le rap underground, la plus grosse
différence que tu vas trouver, c'est une histoire de thune tout simplement dans la promotion!
Donc maintenant moi pour revenir à ta question, j'trouve que le rap se porte bien, au niveau
de la production, y'a des acteurs dans le milieu et ça vit. Maintenant au niveau du rap
underground, c'est pas que c'est niqué, c'est qu'il faut qu'on passe à une autre étape. De
toute manière tout l'monde le sent, on parle beaucoup, on est en contact avec plein de groupes
etc. C'est un peu une époque charnière, où, c'est l'époque de la fin des rêves. OK on a été
underground, OK on a un public, OK on est connu, mais maintenant est-ce que tu manges ? Qui
est-ce qui répond à cette question en disant OUI ? Pas grand monde, tu vois c'que je veux
dire ? Aujourd'hui j'pense que c'est une étape charnière, il faut passer c'truc là ! C'est
continuer de produire, d'être maître de nos produits ; mais en même temps continuer à toucher
le plus de monde possible quoi !
L : Tu sais nous on avait notre mix-tape à la FNAC des Halles. Notre mix-tape elle est
dans un tirroir ! Au lieu d'être distribuée comme tout le monde, la mix-tape elle est dans un
tirroir ! Tu vois ?… Après si j'avais un facing de 4 CD, et que les rayons soient plus
importants par rapport au marché qu'il y a. En fait c'est un problème de rayon j'crois ! Et
j'crois qu'on vendrait. Tout le monde vendrait ! Maintenant, faites des magasins plus grands
et le rap se portera mieux !
GK : Ouais, tu peux résumer en disant on est tous dans le même endroit, sauf qu'il y
en a qui sont dans les tirroirs et d'autres en facing !…
4/ X : Si vous deviez vous définir pour vous marquer dans un style particulier, vous
diriez quoi ?
GK : Avant on disait, ou on essayait de se définir en disant Rap original. Ce qui ne
veut pas dire grand chose en vérité quand tu calcules bien. J'arrive pas à définir mon rap
j'te jure !…
L : C'est du rap avec une forme d'écriture. Avec des formes d'écriture, qui
essayent de toucher direct le cœur quoi !…
GK : On n'est pas dans un style ouais j'suis un groupe New-York, ouais j'suis un
groupe West, etc… On n'est pas dans c'délire là…
L : Ouais nous, on fait du rap français à Paris ! Octobre, ça a toujours été un
truc qui parlait de la réalité, donc ouais, on fait du rap comme on l'entends, comme on
l'vit…
5/ X : Voilà maintenant au moins sept piges que vous êtes en place, ce qui
correspondrait aussi soit disant à la période test la plus importante pour juger de la
stabilité d'un couple… Peut-on dire alors, que cette année aura été décisive ou pas pour le
futur d'Octobre Rouge? En gros c'est bon, vous êtes sûr de votre stabilité pour l'avenir ?
L : Bah on fait du rap. J'te dis on fait du rap tous les jours. Si on fait pas du
rap, on a toujours un rapport dans le rap alors, ouais heu… ??! Stabilité ?…Rien n'est jamais
soudé , enfin j'sais pas t'as vu c'est….
GK : Nous, on a toujours tu vois,… moi par rapport à Logan, parce que on est aussi
les deux acteurs principaux quand même tu vois dans l'truc,… et Logan par rapport à oim,…
c'est que,…. on a toujours des attentes par rapport à l'autre, qui sont satisfaites au bout
d'un moment. Tu vois c'que j'veux dire ? Donc…
L : Maintenant si on n'est pas satisfait on se le dit, tu fermes ta gueule et tu
changes et c'est tout et tu fais mieux !…
X : Des bonnes scènes de ménage quoi !
GK : Ouais bah il faut tu vois, c'est un truc qui fait avancer un truc commun.
Octobre Rouge, c'est pas juste Logan, ou c'est pas du Grain d'kaf et ni du Voodoo tu vois?
C'est un truc commun. Et un moment, faut juste être sur la même longueur d'ondes que l'autre
si tu veux. Tu lui fais pas la leçon, mais quand t'es en indépendant, que les mailles ne
tombent pas si facilement,… toujours en train de cravacher 24H sur 24, un moment ça peut-être
désespérant pour l'un ou pour l'autre, mais y'a toujours une motivation !.
L : Tu vois nous c'est un rap compét' entre Grain, moi et Voodoo. C'est une
compétition, ça a toujours été une compétition et ça le sera toujours .
GK : Ouais, nous on est des compétiteurs ! On aime bien ça, on aime bien être
toujours meilleurs que l'autre et c'est ça aussi ! Un moteur qui fait fonctionner et qui nous
fait avancer quoi ! Et puis y'a personne de fermé vraiment dans Octobre Rouge. Si il y en a un
qui commence dans un autre délire, au moins l'autre ne dira jamais non on essaie pas..
L : Ouais on test tu vois. On fait deux trois tests, voilà bon t'es satisfait, ou
après t'es pas satisfait et c'est démocratique. Si y'en a trois sur quatre, ou bien un qui
trouve que c'est chanmé, bon bah voilà après y'a des discussions. Nous on est un groupe de
communication…
GK : Ca communique vraiment, que cela soit au niveau artistique ou au niveau du
bizness, chacun est motivé et chacun sait ce qu'il a à faire. C'est ma p'tite entreprise tu
connais !…
6/ X : " Octobre Rouge "… forcément on pense à Révolution Russe etc… Y'a quelque
chose de politique dans le blaze et le concept ou pas du tout, c'est que du sous-marin ?
Pourquoi le titre 10 (" diagnostic ") ? C'est plutôt politique comme morceau et point de vue
non?
L : Le rap doit être politique, Octobre Rouge même si on te fait un morceau…
GK : Ouais non j'suis pas d'accord mais vas-y finis ta phrase…
L : Non mais ce que je veux dire, c'est que même si on te fais un morceau, c'est
pas que le rap doit être politique, c'est pas ça que je dis ! Mais même si on fait un morceau
où je te parle de beaux trucs ou de machins différents, un truc positif ou un truc qui est
autre chose que la rue tu vois ;.. et bien dans le nom, y'aura toujours une espèce d'évolution.
Octobre Rouge dans le nom c'est que l'image elle est là ! Après y'a pas besoin de faire que
des morceaux comme le morceau 10, tu vois c'que j'veux dire ?…
GK : Ouais…. C'est qu'on peut faire du rap politique, mais on n'est pas un groupe
politique. Si vraiment on va sur des sujets un peu plus politique, comme Diagnostic, comme
Uniformatge, j'pense qui est aussi un peu dans ce délire, même si on peut le prendre dans un
autre délire, … J'pense que ça part d'un truc qui nous choque. Au début on part toujours
d'un truc qui nous choque ; et après on commence à développer, à faire le truc et si on doit
parler de politique, j'pense que c'est parce qu'un moment il faut, et c'est urgent pour nous
de parler politique. Tu vois ce que je veux dire ? Quand on voit l'état de la France
aujourd'hui, quand on voit aujourd'hui comment l'être humain il est conditionné, j'pense que
ça devient urgent. Dans le premier album par exemple, y'a pas de textes comme ça tu vois ?
Parce qu'on ressentait pas l'urgence à ce moment là tu vois ! On était dans d'autres délires.
Octobre Rouge on est vraiment vrai avec ce qu'on pense. C'est à dire qu'on ne va pas rester
dans un délire sous prétexte, qu'on nous connaît avec ce délire ou que c'est que ce délire
qui nous fait vendre tu vois c'que j'veux dire ? Dans le premier album y'avait moins de
préoccupations politique ; et il se trouve qu'en deux ans, voilà on a chié deux sujets comme
ça, mais parce que ça nous tenait vraiment à cœur et fallait qu'on le fasse quoi et
peut-être que dans le troisième album y'en aura pas !
L : Et on ne parlera peut-être que de bœufs…
X : Et de carottes !…(rires…)
7/ X : Restons sur " La où ça fait mal " votre deuxième album… On remarque la présence
de 5 ou 6 concepteurs son. Vous pouvez les présenter en quelques mots ou plus? Et dans la
foulée c'est toujours avec Colekt'Or que l'aventure continue?
GK : Alors ouais pour répondre sur Collect'Or, c'est notre label qu'on a fondé y'a
sept ans ; et sous lequel on sort nos produits, et que sortent les produits d'Audiomicid, les
mix-tapes de Manifest, etc. pas mal de choses,… Sinon au niveau des concepteurs : Voodoo, qui
fait parti du groupe donc ; et qui est aussi concepteur et rappeur. Qui n'est plus trop à
présenter quoi !… Y'a Manifest, qui est Dj du groupe et producteur aussi. C'est vrai qu'il
prend plus de puissance sur cet album. Le premier il n'avait fait qu'une intro, qu'une
interlude ; et là il nous a fait quand même six sons !
L : Il a réalisé aussi les interludes dans l'album, il est plus impliqué sur la
construction de l'album,..
GK : Y'a J.C, qu'est..
L : Qu'est fou !
GK : Ouais faut l'connaître ! C'est un gars qui habite à Montauban ; et j'veux
dire qui est loin de tout, loin du hip-hop tout ça. C'est lui qui a fait Week-end à Meda,
c'est un producteur de dingue tout simplement. C'est le producteur caché que personne ne
connaît ; et tu vois qu'il y a des balles dans son ordinateur. Là on a pris quatre sons,
dont Diagnostic justement. Y'a ensuite… il y a Shoer, qui fait des sons plus ragga en fait,
qui est le producteur de Difanga. Il fait des sons ragga reggae. Il nous a fait le matou
babtou, le solo de Logan. Et y'a Richard, Richard qui a fait une instru Open-mic. C'est un
gars qui historiquement était plus dans le musique électronique, et il a fait quelque trucs
pour Kamnouze. Donc en gros fidèles à Octobre, des gens pas connus mais talentueux !.
L : Des soldats quoi !
8/ X : Vous avez tiré des enseignements particuliers par rapport au premier album pour
essayer de faire encore plus fort ou mieux selon vous ? Quelles ont été vos galères pour ce
deuxième album ?
GK : Les galères en fait, j'pense que c'est bizarre mais artistiquement y'a pas, on a
toujours écrit. Octobre Rouge ne fait pas par période, genre mais là c'est la période de la
promo ! là c'est la période de … Tu vois Logan là il est en train d'écrire, tu vois c'que
j'veux dire ? Donc artistiquement, toujours on produit, toujours il y en a un qui donne une
idée à l'autre, et qui commence à écrire son texte etc. Y'a jamais eu de coupures vraiment
comme ça tu vois ? Maintenant on a aussi nos trucs par rapport aux autres… Quand j'entends
des groupes qui disent : ouais nous on a fait cinquante morceaux, on en a gardé 12 pour
l'album, moi c'est un truc qui m'troue l'cul à chaque fois, parce que quand y'a un album à
faire avec seize morceaux, on en fera vingt maximum pour l'album tu vois ?
L : Et les quatre autres seront sur mix-tapes !..
GK : On sait déjà en gros là où on veut aller tu vois ? On sait déjà ce qu'on veut
mettre et ce qu'on ne veut pas mettre etc. Niveau artistique, ça a été du travail en continue,
il ne s'est pas arrêté depuis le premier album, on a continué à écrire, on a continué à poser.
On a la chance d'avoir un home studio, et de concrétiser nos idées assez vite, de voir si ça
colle ou si ça colle pas.
L : Ouais et par rapport à ta question c'est ça qui a le plus changé ! Au niveau
du travail franchement, on est beaucoup plus opérationnel. C'est à dire si on a fini un
ceau-mor, y'a un ceu-mor tac, bing bing… Y'a plus d'essais quo,i tu vois c'que j'veux dire,
on va plus vite quoi, on a pris plus de vitesse par rapport à avant.
GK : Et au niveau du bizz évidemment, c'est ça qui nous a le plus freiner. Parce
que nous, on essayait de prendre de l'ampleur pour ce deuxième album etc. et on voit que en
France c'est toujours aussi fermé pour plein de choses, surtout quand on voit que tu viens de
l'underground. Même… On s'est rendu compte qu'on faisait peur aux gens ! On faisait peur aux
maisons de disques, on faisait peur parce qu'on est un groupe, on a une histoire, on a déjà
notre public, on a déjà travaillé, j'veux dire, que tu ne vas pas me la faire à l'envers si
on va dans une maison de disque sur la promo etc..
L : En fait, on est trop abouti ! Pour eux, nous on est trop abouti... Avant on ne
l'était pas assez et maintenant on l'est trop ! On a loupé un train (rires)… Pourtant nous on
a refusé personne, on n'a pas coupé les portables tu vois ? On était joignable.
GK : Et on s'est rendu compte que voilà, l'indépendance ça restait notre heu…
Encore mieux s'organiser, mieux abouti ça restait vraiment une autre porte de sortie quoi. En
tous cas pour Octobre Rouge quoi !
9/ X : Vous avez souvent des bons délires sur des thèmes précis comme " vas-y colle ",
qui porte sur les stickers, " Les 3 jours ", " Week-end à Meda ", " Le crabe ", " O.t.l.o ".
Sur le deuxième album on retrouve aussi de la thématique ciblée (les potes, les yen yen, le
titre diagnostic, la nuit à panam, les signes, les enfants et la dérive des adultes à leur
égard) ... C'est volontaire de développer que des trucs très précis ? Et le freestyle, c'est
pas trop votre truc ou si ?
GK : Ouais parce qu'on fonctionne aussi comme ça tu vois on… Moi j'aimerai pas mais
bizarrement on fonctionne comme ça. C'est que je sais que quand j'écris, je sais presque au
dernier mot si ça finira sur mix-tape ou si ça finira sur l'album. Et parfois y'a des
changements, L'avant dernier titre qui s'appelle " seule et sans mœurs ", c'est un titre à la
base qui devait aller sur une mis-tape tu vois ? Puis à force de l'écouter…, le son on savait
qu'on pouvait l'amener autre part, et " Open-mic " pareil. Open-mic à la base, c'était pour
une mix-tape. C'est après l'avoir posé, c'est ça… Y a quand même deux trois exceptions. Mais
nous on sait, en général une mix-tape c'est freestyle. Tu vois ce que je veux dire ? C'est
notre vie, notre vécu au premier degré. C'est pour ça que souvent ça parle de bicrave, ça
parle de rue, ça parle de…
L : La mix-tape c'est ce qu'on écrit tout le temps. Tu vois ? C'est pour ça qu'on
a fait des mix-tapes si tu veux. Parce que nous on a tellement été habitué à faire des textes,
un ou deux textes par semaine par rapport à une mix-tape qui se faisait et sans jamais voir
un rond. Tu vois au bout de soixante-dix, on a fait la première. C'était la compile avec des
inédits, tac, on s'est dit, on fait ça comme ça avant l'album. Mais tellement on a écris en
vrai, on était obligé de faire un truc avec 27 morceaux. Tu vois parce que même par rapport
aux morceaux qui sont déjà sortis sur vinyles, par exemple 2ème round de JM Dee. Pour moi
c'est un inédit tu vois, il est sorti qu'en maxi à 400 exemplaires, y'en a pour qui s'en n'est
pas un, mais pour moi c'en est un. Et la deuxième mix-tape c'est vraiment plus un… comment on
pourrait dire ?
GK : La différence avec la première, c'est que la 1ère c'était déjà plus une
compilation du meilleur de ce qu'on avait fait…
L : D'ailleurs y'aura un erratum à faire sur Sans Concession c'est que sur Son,
Sex et Skunk c'est le deuxième street CD et pas le premier !
GK : Ouais ! Et le deuxième, c'est plus un truc d'inédits. Mais c'est vrai que
t'as raison. C'est du live, moi j'arrive pour une mix-tape, en studio, j'écris au studio, tu
vois ça part direct, ça part comme ça. L'album c'est plus réfléchi. On essaie d'avoir une
thématique pas plus précise, mais on essaye de faire en sorte que ça parle à tout le monde
quoi !
L : C'est plus une vision périscopique de l'urbain dans le social. Tu vois ? On
cible. Comme ça, ça évite justement de faire des albums qui ressemblent à des mix-tapes.
10/ X : A part parce que, pourquoi un titre ambiance clash open-mic ? C'est pour
prévenir qu'il y a de la torpilles à lâcher ? Vous êtes fibrés freestyle ou bien juste pour
le fun?
GK : Ouais en fait " open-mic " c'est plus une histoire d'ambiance, tu vois c'est pas
une histoire vraiment de se mettre en compétition, par rapport à d'autres gens, on s'en fout.
C'est plus les histoires des 12 Inch, c'est un pote qui organise le 12 Inch All Stars, on y
est présent depuis le début ; et ça nous a fait marrer ce délire d'open mic qui revenait en
France, comme on n'avait pas vu depuis cinq ou six ans tu vois ? C'est donc l'ambiance tu
vois, un clin d'œil aux soirées, à ce renouveau du hip-hop, qui se fait vraiment face à un
micro, face à un public, comme ça aurait dû toujours se faire, comme quand on a commencé y'a
sept ans. Ca déchirait sur la scène, t 'étais mauvais, t'étais mauvais et t'étais bon t'étais
bon. Et pendant cinq ans on n'a plus vu ça ! On n'avait que des concerts organisés , plus de
quelque chose pour que les gens de l'underground puissent s'exprimer. C'est plus par rapport
à cette ambiance, c'est que…
L : C'est un instinctif quoi. C'est un titre on l'a sorti de l'open mic là-bas, on
a golri sur des zeupha. Voilà on s'est dit faut écrire un truc ambiance quoi !
11/ X : Ca c'est pour faire clin d'œil à une phase dans " Décollement pulmonaire " :
Dans le bizness c'est vrai qu'il y a plus de carotte dans le son que dans le deal ?
GK : Ouais la pointe d'un stylo que celle d'un couteau… C'est clair ! Enfin c'est
tellement clair, tu vois c'que j'veux dire ? Quelque part dans la rue, c'est un milieu que
tu connais, qu'on a connu, tu vois ce que je veux dire ? Où les choses sont claires, où la
carotte elle arrive tout de suite, violemment et à la limite tu l'sais tu vois ? J'préfère
avoir une carotte qui arrive sous la forme d'une droite, et t'es réveillé dix minutes après,
qu'avoir une carotte que tu vas sentir trois ans après ; et tu commences à relire ton contrat
et tu fais oh mais merde j'l'avais pas vu celle là ! Et c'est dans ce sens là qu'on trouve
que c'est plus vicieux. C'est pas qu'il y en ait plus ou pas, mais on les trouve en tous cas
plus vicieuses les carottes de la musique tu vois, que les carottes de la rue. Elles font
plus mal en fait à long terme…
12/ X : a) Dans le 2ème album, les petites interludes en fin de morceau de " diagnostic " par
exemple, ou encore avec le cœur qui s'arrête de battre, c'est des tests pour voir si les mecs
vont jusqu'au bout de l'écoute ? Ou bien rien à voir ?
GK : Ouais faut l'écouter en entier l'album pour avoir toutes les interludes.
L : En fait si tu veux on a fait un système, où le gars si il veut entendre
l'intro, si il veut écouter l'intro bah, nous on la met en fin de morceau comme ça, il ne se
la tape pas au début tu vois ?
GK : Ouais c'est plus un truc technique en fait. A la base c'est plus un truc
technique où l'on s'est dit le gars qui va faire sa sélection, pas besoin de se taper l'intro
qu'il connaît déjà. Tu vois quand tu fais ta sélection, t'as envie d'arriver direct sur les
morceaux. Maintenant c'est vrai qu'on arrive à un truc marrant où l'album, tu peux l'avoir
entièrement que si tu l'écoutes du début à la fin !… C'était pas histoire de cacher des
morceaux, on n'était pas dans c'délire là, mais en fait ça revient à un truc marrant….
L : Concrètement en plus, au niveau du programme quand tu prends par exemple la
Douleur, bah t'as la Douleur. T'as pas l'interlude d'avant. Et si tu prends le morceau d'avant
t'as pas celui-là tu vois c'que j'veux dire ?
GK : on s'est dit aussi comme ça, ça aère bien l'album, on a plus insisté sur les
interludes dans cet album, histoire que ça donne une ambiance, une cohésion à l' album tu vois?
J'sais pas on a trouvé mieux quoi !
b) X : Et dans " le ient ", ça correspond à quoi les deux bips sur le passage
des journalistes sur le passage de Grain de Kaf j'crois ? Vous êtes comment à l'égard des
média, plutôt frileux ou rien à foutre ?…
GK : Non c'est pas ça. C'est juste que là si tu veux en fait le bip, il est parti
juste d'un truc où l'on s'est dit, ouais dans notre parano, tu vois c'que j'veux dire parce
que souvent on est parano, une fois qu'on réecoute le sujet on fait whouaa vraiment est-ce
qu'on aurait dû ? Et en fait ça touchait des sociétés tu vois c'que je veux dire? Voilà quoi!
Des noms propres.. ;
L : Des noms propres ça va mais quand c'est des sociétés, tu vois..
GK : Ouais.des sociétés, après on t'le dit c'est Tracklist et Groove, après y'a
pas d'problème sur ça tu vois c'que j'veux dire ? Et c'est… on ne voulait pas c'est plus par
rapport aux délires des sociétés tu vois c'que j'veux dire ?…Plus pour les gens quoi. Tu
connais les sociétés, voilà c'est structure, c'est enchaînement, ça peut être des problèmes…
L : Ca peut être Xphases aussi ! Xphases il sera peut être dans le ient 2 ! Ah ah
X : : Souhaite le moi alors ! Qu'on arrête d'être à l'arrache avce nos allumettes !…
(rires)
13/ X: C'est un des trucs qu'on peut remarquer chez vous : vous ne faites pas trop dans le
danse-floor. Ca semble être un choix de ne pas poser sur des trucs façon soul hip-hop ? C'est
quoi en gros votre identité musicale si on peut définir ça comme ça ?
L : J'sais pas j'trouve que tu peux danser sur Air Guinée, tu peux danser sur heu… tu
peux danser sur heu….
GK : (rires) Sur pas grand choses c'est vrai quand même (rires)
L : Non mais ça dépend de ce que tu parles de danser…
GK : Bah en fait moi pour répondre à cette question, souvent le danse-floor
français…Voilà dans danse-floor y'a danse…. Alors déjà moi trouve moi un Dj qui passe du
danse-floor français !
L : Déjà !…
GK : Tu vois c'que j'veux dire ?..
L : Open-mic j'pense qu' on peut danser dessus !
GK : Surtout en fait on n'essaie pas de faire du danse-floor, parce que le danse
floor français c'est un faux problème, parce que y'a pas de danse-floor français qui se danse
sur du français. Donc déjà le problème tu vois ce que j'veux dire, faire des morceaux imités
neptune pour faire bouger les culs alors que. ?.. Tu vois c'que j'veux dire ? On ne va pas
jusque là ! Et on ne va pas aller jusque là en se faisant la réflexion en se disant, vu que
ça ne va pas être diffusé, on ne va pas faire ce style de morceau. Nous c'est vrai qu'on a
intégré ce truc là, le morceau pour nous, enfin commercial, un morceau qui passe bien tout
niveau en France, il n'est pas forcément danse-floor. Regarde tous les morceaux rap, qui ont
cartonné ou etc… C'est pas nécessairement des morceaux où on dit vas-y bouge ton cul sur la
piste de danse tu vois. C'est que le danse-floor français pour moi il n'est pas danse-floor,
il est plus dans des mélodies, il est plus dans ce délire là , tu vois c'que j'veux dire ?
C'est vraiment le truc qui mêle un truc mélodique, harmonieux, pour moi c'est plus ça le
danse-floor français, que le truc " boum-tchak'a boum tcheck'… bouml…) tu vois ; et puis en
plus on n'est pas dans c'délire là voilà…
L : Ouais nous c'est rap social.
GK : Une fois on a essayé de se forcer, mais on n'arrive pas à se forcer !.. Tu
vois même si on s'force on arrive à chier un 16 chacun, c'est..
L : C'est hardcore !
GK : Ouais et puis ça nous donne pas envie, c'est pas notre truc.
14/ X : Vos textes sont souvent imprégnés de bitume, on voit que vous connaissez le
délire pas d'soucis. Mais à la fois, quand on fait gaffe à vos textes, à vos références, vous
vous distinguez aussi parce qu'on sent que la culture générale est bien présente chez vous.
Alors Octobre Rouge, s'il fallait se prononcer : rap de rue ? Rap à textes ? Rap à textes
pour la rue ?
L : C'est du rap…
GK : Ouais j'aime bien.. Rap à textes pour la rue, j'aime bien ce truc là
L : ouais !
GK : J'trouve que nos textes ils ne sont jamais bridés, ils ne sont jamais
illimités, on essaye d'aller partout mais c'est compréhensible pour le gars du bitume tu
vois ? Et ça lui parle à chaque fois. J'pense que notre force, c'est des fois prendre des
sujets où vraiment tu ne penses pas que tu aurais eu un intérêt dedans et tu vas le ramener
à la rue. Et même des fois, sans même essayer de le faire, c'est présent en nous… Tu vois
quand, moi ça m'fait marrer quand j'vois un texte sur la douleur et j'vois que Logan il ne
peux pas s'empêcher de dire, c'est mon zètla à côté... Tu vois c'que j'veux dire ?.. C'est
tellement présent de parler d'bédos et avec des phases de la rue, que tellement c'est en nous
on se dit qu'on a même plus besoin de faire des sujets de ça, parce que de toute manière il y
aura toujours une phase qui va frôler la rue, qui va frôler la bédave,… Donc des fois on est
désespéré. On s'dit on n'arrivera jamais à faire un truc 100% clean tu vois ? C'est en nous,
le truc il est en nous.
L : Hardcore !
GK : Voilà et comme c'est en nous, on n'a pas besoin d'essayer de faire de style
hardcore, c'est en nous. Donc moi j'peux te parler d'autre choses. On a rien à prouver.
Octobre rouge, on n'a rien à prouver !…
L : Nous on sort pas des mots que tu comprendras pas pour faire genre on sait
écrire. Tu vois c'que j'veux dire ? Comme y'a des rappeurs qui l'font. Ca y est il t'as sorti
un mot du dictionnaire, nous on essaie de faire des textes avec les mots de la rue, mais sans
que ça ressemble au rap d'autres gars de la rue. Tu vois c'que j'veux dire ?
X : Ca rappe normal quoi ?
L : Ouais c'est ça exactement. Tu vois quand on arrive et on nous dit : ouais c'est du
rap quoi Octobre Rouge ? Bah on a du mal, parce que tu ne peux pas dire que c'est du rap de
rue, tu vois dans ce que les gens appelle du rap de rue, et voilà quoi Octobre rouge…
15/ X : Par rapport aux visuels, dont j'ai pu voir quelques photos, qui a fait les
reconstitutions pour les scènes de Château Rouge et le plan terrain de basket ? Franchement
ça déchire, faut l'faire connaître l'artiste !…
GK : Bah l'artiste il est là (en pointant Logan)
L : C'est moi ouais. C'est moi avec mon associé t'as vu. On a fait ça à deux donc
voilà, et en fait c'est parti du maxi de violences au départ. ..
GK : Avec violences, le maxi c'était des mains d'enfants qui tenaient des maquettes
de voitures, et ça représentait un serrage. C'est comme si c'était des jouets, des enfants
qui jouaient avec des voitures de flics et ça représentait un serrage de toxico. Et l'idée
est partie de là en fait à la base…
L : Et en fait Grain m'a dit : vas-y on fait la pochette de 24 sur 7 avec ça. Moi
j'lui ai dit franchement si on doit faire un truc comme ça on le fait à grande échelle. On
l'fait réalité. Et donc j'ai voulu recréer tous les délires de chacun du groupe… Y'a Grain
qu'est sur un terrain d'basket, moi j'suis sur scène avec Manifest, Voodoo il est chez lui en
train d'faire du son, et y'a l'ambiance Château Rouge sur la pochette. J'ai voulu recréer
notre univers en fait en quatre scènes quoi. Voilà c'est ça.
GK : C'est deux ans de travail aussi il faut que tu dises, 550 personnages, enfin
j'sais pas combien, c'est…!
L : Ouais c'est heures de ouf !
X : : Ah ouais donc t'aimes bien les gros boules alors Logan ? Car la meuf assise sur
la caisse, tu lui as fait un uk' chanmé !
GK : C'est là en vérité où tu vois comment le gars il voit la vie !…
L : J'aime la nature ! Et d'ailleurs par rapport aux personnages, y'aura un jeu
concours. Le jeu c'est tu renvoies ton coupon avec une photo ; et y'aura un tirage au sort et
on va faire un concours où tu pourras gagner ton propre personnage dans l'action dans
laquelle tu veux être quoi !
GK : Fait par Logan.
L : En fait si t'es boucher,… je te refais en boucher avec un couteau ou un
hachoir… Et c'est un jeu pour que la pochettte soit autant un objet artistique que le CD en
lui même.
GK : Y'a aussi un mc à gagner mais il est miniature !…
16/ X : Artistiquement parlant, ça correspondra à quand le moment où vous pourrez dire :
" ca y est, on a réussi !… " C'est peut-être déjà fait d'ailleurs ?…
L : On a réussi ! On a réussi dans notre concept de rappeur, moi j'trouve on réussit.
Même si il n'y avait que moi et lui dans notre chambre, comme il y a sept ans, bah on aurait
aussi réussi dans c'qu'on avait fait.
GK : Nous à la base on a commencé l'rap pour la gloire, tu vois c'que j'veux dire?
Pour dire qu'on vous défonce.
L : C'est là aussi pourquoi le concept d'open-mic il est là tu vois ?
GK : (..) Nous à la base le truc c'était pour faire connaître le nom. Comme les
geurta, les danseurs, c'était défoncer la compète, arriver et imposer notre style tu vois, et
j'trouve que dans cet objectif là quelque part, on n'a pas réussi, mais on est en bonne voie
tu vois ? Moi ça m'fait plaisir quand j'vois qu'il y a des canadiens qui nous demandent notre
son, dans le monde entier ça écoute du Octobre rouge tu vois grâce à Internet etc.. Et tu vois
voilà quelque part aussi on a réussi !
L : C'est comme heu.. ; J'reviens sur l'clip de Week-end à Meda. A la base on l'a
fait, parce qu'on faisait un maxi, on l'a pas fait en se disant on fait un album donc . na na
na.. tu vois on s'est dit pourquoi pas mettre le clip vu que,.. faut qu'on mette le visuel,
parce que nous on aime bien le délire visuel, on sait qu'il faut être vu.
GK : C'est pas qu'on aime bien, c'est qu'on…
L : Ouais et on sait qu'il faut être vu et on s'est dit faire le maxi parce que le
gars qui va mettre cinq feuilles, à l'époque c'était cinq feuilles il va peut-être plus le
prendre avec un clip, que sans clip ? C'était pas dans un délire… Après ce clip là apparemment
il a cartonné sur Internet, tout l'monde l'a vu, tout l'monde à golri. Tant mieux ! Si on
n'avait peut-être que le morceau, jamais on aurait parlé de Week-end à Meda.
GK : Surtout qu'avant tout, nous-même ça nous faisait déjà golri.
L : Nous mêmes ! Nous on est instinctifs. Quand on a fait le premier album, on ne
savait pas que deux ans après on ferait le deuxième album. Ca aurait pu être dans quatre
ans !.. On ne savait pas qu'il y aurait des mix-tapes tu vois ? C'est selon c'est comme ça…
17/ X : En parallèle à la sortie de l'album, vous avez prévu une tournée scène ?…
GK : Le problème c'est que nous ouais, on a peut-être des plans scènes sur paris où
l'on en a toujours, y'a pas d'problème. Région parisienne, Paris, c'est pas un problème. Mais
maintenant tourner ailleurs ça reste un problème. Pour être plus technique aujourd'hui, même
pour un indépendant qui avant faisait des scènes plus facilement, aujourd'hui tu es
indépendant, et pour un tourneur, si tu vas voir un tourneur, il faut avoir un tour-support,
une enveloppe donnée par ta maison de disque pour supporter le truc tu vois ? Donc faire une
tournée aujourd'hui, ça devient aussi problématique que de sortir un skeud etc. ou qu'être
signé. Donc c'est clair que des gens qui arrivent à dégoter notre numéro, à droite à gauche
etc., on va faire une scène par ci, une scène par là. Mais il n'y a pas encore de truc super
carré , organisé. Chose qui nous manque aussi tu vois ?
18/ X : J'passe du coq à l'âne… Y'a pas longtemps j'ai entendu Eddy Mitchel qui
s'exprimait lors d'une émission TV ; et à propos du rap il disait en gros : " Ouais dans
l'rap musicalement y'a rien !… " ! Enfin genre un truc comme ça. Et vous, vous en pensez quoi?
De son avis pas de lui car on a pas de thune pour les avocats !…
L : Le rap c'est un style c'est comme si à l'époque du jazz, quand les gens ils ont
écouté les premiers trucs de jazz, pour eux c'était n'importe quoi. Donc tu sais ça a toujours
été, et cela sera toujours.
GK : Et n'oublie pas que Eddy Mitchel c'est un gars de soixante ans, qui parle
d'une musique jeune ! Tu vois c'que je veux dire ? C'est Eddy Mitchel et moi ça ne me
traumatise pas parce que en général on va dire en gros, que c'est l'avis des plus de soixante
ans. C'est juste un décalage de génération. Sans même allez dans la chariade sur sa musique,
on s'en bas les couilles, c'est juste un ieuv' qui parle de chose qu'il ne comprend pas, et
qu'il ne comprendra jamais parce qu'il est né quarante ans avant, tu vois c'que j'veux dire?…
L : Si il était heu. ; enfin voilà, moi j'trouve que la musique qu'il fait, c'est
la même musique que y'avait y'a cinquante ans. Dans les années soixante tu vois ?
GK : Non mais c'est même pas ça, parce que si tu veux vraiment aller dans ça,
vas-y on va parler dans ça. D'accord parce que là quand même !… Quand moi je vois le rock
français qui est ni plus ni moins une reprise des accords de tout, de morceaux qui sont
traduits, ils t'ont chié ça et ça te fait un Jonnhy Halliday. Un Jonny Halliday c'était quoi?
C'était des reprise de morceaux kainri, où il te prenait carrément les même chansons…
X : : Comme Claude François a fait aussi j'crois ?
L : Non Claude François c'est le seul qui a été pompé par les kainri avec My way.
C'est le seul gars sur lequel tu peux rien dire...
GK : Quand tu vois Eddy Mitchel et Jonny Halliday, c'est des gars qui ont juste
fait reprendre des partitions, c'est des interprètes mec, c'est des gars qui ne créent pas
leur musique, ils reprennent des partitions qui existent déjà pour t'coller un truc qu'un
parolier dit… Quand un gars comme ça vient dire dans l'rap la musique est pauvre, nous on
fait la musique, on l'écris ; on compose, on l'arrange. Qu'est-ce tu veux dire ? Qu'est-ce tu
veux dire à part que Pwwwouuuff !!
L : Rien à dire !
X : D'autant qu'il y a des concepteurs dans l'rap, qui ne bossent qu'à base de
compositions et sans samples…
GK : Exactement, tu vois c'que j'veux dire..
L : Tu vois moi j'm'en fous, j'ai écouté quand j'étais petit comme tout l'monde
parce que ça me passait par les oreilles.
X : : T'as écouté ?
L : Ah quand tétais petit ?
X : Ah moi ça me tombait dans les oreilles, mais j'écoutais pas.
L : Toi tu ne connais pas menthe à l'eau ?
X : A fond qu'j'connais !
L : Sinon c'est que t'as pas grandi ici ! Donc bon voilà tu vois.
GK : Moi j'connais ap's !
L : Tu connais rien d'Eddy Mitchel ?
GK : Sors moi, vas-y après tu vas m'le chanter.
L : Couleur menthe à l'eau là ?
GK : J'vais peut-être dire ouais mais j'te jure…
X : : Et la dernière séance de l'époque ?...
L : Ouais la dernière séance ?
GK : Ouais mais j'regardais pas ça m'saoulait ça déjà !..
L : Tema il n'aime pas Jonh Wayne… (rires)
19/ X : Vous êtes en face d'un môme genre profil jeune adolescent, qui semble se
chercher et bien kiffer l'rap ? Vous lui diriez quoi à part achète 24 sur 7 et " La où ça fait
mal " ?
L : Bah heu .. tu veux combien? (rires)
GK : Moi j'dis dans l'rap y'a plein d'choses. Y'a plein de gars intéressants et
c'est le problème. C'est que vraiment, c'est pas être démago ce que j'vais dire mais vraiment,
parce que moi j'suis un kiffeur de rap français aussi. Moi j'ai pas honte de le dire, j'écoute
du rap français et quand c'est bon je bloque dessus. Et dans l'underground les gars ils ne
sont pas assez diffusés tout simplement. C'est dans l'underground qui'l y a un truc.
X : Mais par rapport au gamin moi j'te parle ? Tu sens qu'il est fragile, qu'il se
cherche et qu'il est prêt à s'mettre à fond dans l'rap à y mettre ses couilles ! Tu lui
dirais quoi ?
L : Arrête ! Travaille à l'école, fais du rap si tu veux mais travaille à l'école!
T'as quinze ans. Maintenant si t'en as vingt, heu… trouve une prod. Et…
GK : Alors profil jeune ado, …ça à l'air con mais je me retrouve dans de vieux
discours de vieux cons, qui m'énervaient quand j'étais tipeu et c'est ça mais c'est un peu
ça. Moi si j'parle à un gars comme ça c'est : n'abandonne pas l'école, n'abandonne pas ce que
tu fais pour du rap, même rien pour pour du rap. Tu vois le rap doit venir en complément de
quelque chose que tu fais, de tes études, de..
L : C'est comme faire du basket hein ! A notre niveau après ça a pris une autre
importance, il a fallu qu'on fasse des choix. Maintenant ne sois pas chômeur pour faire du
rap. Parce que ça va être très dur… Maintenant si vraiment tu as les convictions que tu as et
que t'as une équipe soudée, bah lance toi et tu verras quoi ! Nous on n'est pas des gars qui
disent ce que tu auras à faire. Nous on ne nous a jamais dit ce qu'on avait à faire, on l'a
fait et puis ça donne ce que ça donne !… On n'a jamais fait trop de moral nous.
GK : Moi j'dis faut pas te baiser un rêve à la place d'un autre. Que le rêve du
rap ne te baise pas un autre rêve que t'avais avant etc. J'pense aujourd'hui que le rappeur
underground intelligent, c'est celui qui gagne pas de maille ; et qui fait quelque chose à
côté. Qui a gardé quelque chose et qui a la force. Parce que va faire tes huit heures de taf,
et ensuite refais quatre heures de studio et deux heures d'écriture de textes etc… Là après
cela sera juste les plus fort qui survivront. Tu vois c'que j'veux dire ?
L : Sois endurant et pas trop pressé quoi ! En fait c'est ça au final…
20/ X: Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour votre deuxième album ?
L : Le double de ce qu'on a fait avec le premier. Déjà au minimum. Et une diffusion
quoi ! Nous c'est le problème, c'est que ce n'est jamais l'artistique vraiment, c'est la
diffusion, c'est plein de chose c'est voilà quoi. Comme je te disais tout à l'heure pour la
distribution ; la mix-tape elle est dans un tiroir !…
GK : En plus cet album j'pense que c'est la première fois où on est à 200%
content. Ca veut dire que le1er on était super content, mais c'est vrai que c'était notre
premier album donc à la réécoute y'avait peut-être un ou deux titres où… tu vois…
L : Notre premier produit !
GK : Un ou deux titres en fait on s'en serait passé. Tu vois c'que je veux dire ?
Là c'est la seule fois où on est à 200% content. Je réécoute l'album je suis trop content !
Donc comme dis Logan, souhaites-nous une bonne diffusion parce qu'artistiquement j'en suis
sûr, il faut juste que ça tombe dans les oreilles des gens !
21/ X : Allez ça c'est quelques questions détentes on va dire… : Pourquoi on ne vous
entend pas sur Skyrock ?
GK et L en duo : Tu nous entends su Skyrock !
L : on passe sur Skyrock .
GK : Ouais dans la nocturne, dans les émissions spécialisées, on n'a jamais été
dans un délire heu… anti quelque chose. Tu vois ? Nous on est dans un délire..
L : On est pro Hip-hop si tu veux !
GK : Ouais, pis même sans aller jusque là, on a notre société, on fait nos
affaires et à partir de là, qui veut diffuser ce qu'on est en train de faire est le bienvenue!
Que tu sois n'importe qui, de n'importe où, diffuse notre musique ! Il se trouve que nous,
bon on sait que le nerf de la guerre c'est la playlist à Skyrock et de passer dans l'émission
rap, de passer dès huit heures du matin. Là où tu vas vraiment avoir des auditeurs. Pour
l'instant, Skyrock on est dans la nocturne ; et quand les émissions spécialisées nous
invitent, que ce soit Cut Killer ou truc, on s'en satisfait pour le moment.
L : Dis toi aussi un truc, c'est qu'on est entré dans la nocturne sans rien
demander à personne. Tellement sans rien demander à personne, que week-end à Meda c'est
eux-même qui l'ont mis et tellement pour te dire, qu'ils ont même mis l'interlude avec Grain
qui te cite toutes les geudros qu'existent sur le marché tu vois ? C'était juste après, ils
n'ont même pas pécou tu vois ! C'est pas nous qui leur avons envoyé le morceau comme ça tu
vois. Donc voilà comme on disait tout à l'heure, ça cela n'arrivera plus justement. Parce
que.. Parce qu'on a fait notre super système…
22/ X : Demain vous avez moyen parce qu'on vous y invite de participer à un truc real
TV façon " Hip-Hop Loft Story ", vous y aller ??? Y'a même un gars d'chez vous qui m'a
prévenu d'un mc qu'on va voir bientôt prendre des cours dans la Star Ac. Vous voyez l'genre
de trip ?! Vous, vous vous verrez ou pas dans cette configuration ? C'est possible Octobre
Rouge en trains d'péter des cônes et des icônes dans la piscine ?
L : Ca dépends ! Ca dépends de ce qu'il y a à la clef !
GK : En fait moi j'vais te dire un truc ! Je le ferais que si ça me permet de
mettre Octobre Rouge à 20H30 à la télé chaque jour. Si j'ai cette opportunité, je sais que je
vais pouvoir parler d'Octobre Rouge et que ça va rejaillir sur Octobre Rouge, à la limite
pourquoi pas ! Et encore… et encore… Car comme je sais déjà que ça ne rejaillira pas..
L : A la rigueur le truc que je ferais, c'est Ko-Lanta mais moi j'bouffe pas
d'vers donc j'y vais pas et voilà tu vois. Maintenant faire chanter heu…
GK : Ko-Lana avec ton tee-shirt Octobre Rouge…
L : Ouais mais ça à la rigueur c'est vaillant, tu perds 15 kilo, j'suis beau gosse
bronzé. Mais j'm'en bas les couilles… Me taper 15 jours à bouffer des vers. Tu vois ? A la
rigueur si tu me parles de real TV et que je dois choisir un truc, .. Maintenant apprendre à
chanter, j'en ai rien à foutre, j'fume trop, et apprendre à faire l'acteur, j'en ai rien à
foutre si un jour on tourne dans un film, ça sera parce qu'on est comme on est !.
GK : Ouais, moi j'sais que c'est déjà baisé à la base. Mais parce que moi j'te parle
toujours dans un truc économique tu vois ? Le gars de l'underground qui veut faire développer
son bizz. C'est.. J'suis conscient mec. Attends j'fais partie de l'underground et là tu vas
m'mettre à 20h30 tous les soirs à tf1 ça veut dire que tout le monde va te voir !
23 / X : Et Urban Peace ?…
GK : Ah ouais ça y'a pas d'problème !
L : Si tu veux dans l'délire c'est que si j'fais un truc comme ça, on me verra pas
appeler ma mère tous les jours, tu vois c'que je veux dire ? Non mais tu vois c'que j'veux
dire ? C'est ça qu'est chaud ! C'est quand tu m'parles de Star Académy et real TV, y' a deux
… Enfin c'est. ?… Un real tv différent de Star Academy… C'est.. T'es pas dans un loft en
train d'te gratter l'cul à attendre qu'on t'te… tu vois. Si tu veux pas faire les jeux, tu
les fais pas et tout l'monde dit qu't'es un con et puis voilà ça s'arrête là tu vois ? Donc
c'est pas pareil, Star Academy, on te .. C'est l'école et moi j'aime pas l'école. Et j'trouve
ça un peu chaud de voir des gens faire ça quoi !…
24/ X : Cet été du côté de chez nous à Bagneux y'avait pas pénurie et pour vous " P.P
Pénu ", c'était encore un titre valable pour l'été 2004 ?… Et autrement, c'est quand le
prochain plan à Meda?
L : Cette année il a pas fait beau ! Les gens sont pas trop partis. (rires..)
GK : Donc ça a été (rires) tout le monde a pu survivre cet été..
L : Apparemment.
X : Les vieux stock sont restés dans les caves c'est cool.
L : Non j'sais pas j'étais en vacances..
GK : Mais un week-end à Meda en fin moi, j'te dis une vérité, j'sais même pas si
j'irais à Meda comme ça là !
L : Si.. Meda moi j'y vais j'ai un gars là, il a un plan là 10 euros 4 hotel heu..
Quatre étoiles, hôtel quatre étoiles ! 10 euros la nuit… Par personne… Et on te donne heu..
Si tu veux moi la prochaine fois que j'y vais là, c'est fini les délires heu…c'est bon ! Là
c'est grand hôtel, La j'suis à plas-ventre j'crois que je vais y retourner dans peu de temps.
GK : Ouais c'est pas ça c'est que week-end à Meda c'était un délire, c'était un
truc heu.. ;
L : C'est social hein ! C'est pour tous l'monde…
GK : C'était plus un truc.. Même nos textes sur la foncdé, y'a un truc social. Tu
vois.
X : Comme yen-tyen c'est toujours social, ca parle à tous…
L : Chaque morceau a quand même une vision sociale de ce qu'on vit…
25/ X : Enfin et c'est la dernière ou presque, s'il y a un point particulier qui n'a
pas été soulevé, ou si vous souhaitez faire passer un message éventuellement ? Vous diriez
quoi ?… Par exemple on n'a pas abordé les featuring… Vite fait personnellement à ce sujet :
le gars qui démarre le couplet sur " Air guinée ", a un très bon niveau ! C'est Abdou c'est
ça ?
L : Ouais Abdou.
GK : Il était déjà sur Violence et sur le premier album. Et Apology qui fait
partie de notre crew, enfin tu sais on a un gros crew en fait avec Section Fu, D-Furail,
Relax et Apology ; et qui fait parti du truc et qui a fait un refrain aussi sur les section
Fu. Qui fait des refrains à droite à gauche et qui est en train de préparer son album. Et ce
morceau en fait, il a une dimension particulière si tu veux j'te la dit. C'morceau, on était
trois guinéens, d'origine guinéenne à faire ce morceau. D'où le titre, à la base c'était 100%
Guinée. Et c'morceau il a été sur une compilation en Guinée. La première compilation qui
réunissait tous les guinéens, tous les acteurs rap, et cette compilation elle a pété là-bas.
Si tu veux, imagine-toi, tu connais l'Afrique un peu, tu vois l'pouvoir d'achat comment c'est
la merde etc. Sur un pays de 5 millions d'habitants le keum il en a vendu 30000. Et ce
morceau il a tourné pendant quatre mois, c'était le single du truc, c'est un gros truc au
bled ! Tu vois c'est pour ça, et il a déjà eu une histoire ce morceau avant de tomber sur
l'album. Après on l'a repris pour l'album, on l'a fait passer pour un de mes solos. Mais
quand on parle de solo dans Octobre Rouge, c'est pas vraiment solo, c'est plus des morceaux
où il y aura moi sans Logan ; et d'autres morceau où il y aura Logan sans oim. A chacun
d'organiser son morceau.
26/ X : Ca va en synthèse? Ca n'a pas été trop relou l'interview?
GK : Ah Ouais non non ça va. Pourquoi ? Trop pas !
27/ X : Enfin c'est la vraie dernière question pour l'ambiance :
Vous ne cherchez pas des meufs pour vos visuels ? Parce que j'ai grillé que sur l'affiche
" Son, sex and skunk " en fait, il n'y a que 2 meufs, et c'est les mêmes sous différentes
poses et à base de montage, qui font genre la dizaine dans l'ambiance… Vous galérer pas trop
pour les meufs ça va ?..
GK : (rires)… Exactement ! Dis leurs, on galère, ça évitera au graphiste de faire des
montages de dingues pour faire croire qu'il y'en a plein.
L : T'as vu nous on aime tout l'monde, le naturel, . ; du beau naturel évidemment!…
Mais on prend tout le monde. Si y'a des filles, elles sont intéressées pour le troisième
mix-tape qu'arrive là j'sais pas quand…
GK : Bah y'a pas d'problème.
L : Bah vas-y !
Xphases : A bonnes entendeuses salut ! Et merci les mecs c'est cool pour l'interview c'est
dans la boîte...
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